Andréa : cultiver l’impermanence

Elle a choisi de marcher et de ne pas s’arrêter, même en si bel oasis, même pour un verger aux douceurs et senteurs qu’elle a pourtant semées. Dans son cœur, elle le sait : les printemps ne reste jamais en mêmes lieux… Même à midi. Même au zénith d’une trajectoire professionnelle. Elle a choisi d’être de ces hommes et femmes qui règlent leur pas sur la course du soleil et parcourent ainsi le chemin qui les relie au ciel.

Alors elle part.

Elle part et quitte douze ans d’une entreprise qu’elle a créé. Douze ans…  : à peine une adolescence et déjà plus qu’une reconnaissance. Mais le plus est obstacle au pèlerin quipélerin s’en vient. La voilà à chercher un autre plus, un plus pour son âme, un plus qui se calcule par la soustraction de ce qui l’encombre : secret d’une vie qui se fait creuset pour qu’oeuvre en elle l’alchimie de l’impermanence. Un plus par le moins : s‘alléger pour le chemin. Passer de la reconnaissance, à la Connaissance et aspirer à autant de naissances par ces deuils en conscience. Voilà ce qui fait sens et la rapproche d’elle. D’elle ou du soleil, c’est du même. Car dissoudre l’éphémère libère la lumière cachée dans toute matière. C’est comme cela qu’elle accompagne déjà sur leur chemin, ces pèlerins qui la consultent : ils cherchent  un plus dans leur vie et trouvent une pépite dans leur âme.

Alors elle part, et demande aux démons de se faire aiguillon pour rajouter nouveau tatouage à son visage. C’est en invoquant les démons que peuvent venir les anges :  à brûler ses peaux comme autant de possessions, à convoquer ses renoncements pour se libérer de ses pissenitattachements, en vient-elle à graver dans sa chair le dessin d’une nouvelle liberté. Sous l’aiguille perle déjà la lumière, et le tatouage se fait constellation…

En pays Catalan, une femme aux allures de mère dispense tendresse et amour à ceux qui la côtoient : ville et territoire, famille et étudiants, forces économiques et nécessités sociales, et bientôt ses nouveaux collaborateurs qu’elle ira rejoindre sur l’oasis d’après. De nouvelles pépites à aimer, avec humilité, joie et simplicité.

Elle a choisi de marcher et de ne pas s’arrêter. D’aimer le beau, de se laisser porter par la vie jusqu’à ne pas savoir où elle va. Elle a choisi d’être soi, et d’offrir qui elle est. Elle a choisi l’impermanence pour que ne reste que l’essence : c’est ainsi que brûle Andréa, comme étoile offerte aux pas de ses frères pèlerins.

 

andréa

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