Chloé : il faut être toucan

Il faut être Toucan, sans doute pour comprendre et tout prendre, il faut être tout, quand on est toute fraichement habillée de ses dix-huit premiers printemps. Et être tout, quand même, ce n’est pas rien ! Il faut être Toucan, pour afficher au grand jour la palette de ses couleurs, porter un bec à la dimension de sa quête, assumer d’être le mange-tout quand c’est la vie qui s’offre en dessert, et être partout quand on nous dit de rester là. Surtout quand volent dans tous ces ailleurs des papillons d’idées qu’un simple geste de l’esprit permet d’attraper. Des ailleurs faits de plongée, de voyages y compris tamouls, de gymnastique et vols en plein ciel, de bricolage, de fermes et d’animaux. D’équations mêmes. Il faut être toi, Chloé, avoir cet atout candide qui est le tien : naitre fille et devenir jeune femme !

Toucan

Te voilà à l’aube d’une vie qui t’appelle, à la frontière d’une bonne nouvelle. Et les bonnes nouvelles sont comme des équations, de celles qui sont encore plus belles quand on ne les résout pas. De celles qui acceptent que l’inconnu soit le résultat. La grande Inconnue de la vie en toi.

Car il aura fallu bien du génie à la vie, pour devenir qui tu es. Bien du génie, de la force et du courage, bien de l’amour en vérité pour qu’un jour tu puisses éclore en rose de bonheur dans un magasin de fleurs. Les naissances sont les faire-part d’un ciel quand il trouve terre pour s’enraciner.  Et il est un jardinier, qui n’a rien ménagé pour cultiver son jardin, labourer sa terre, l’arroser d’espoir. Et recommencer. Des jours, des semaines et des mois durant. Attendre. Patiemment. Essayer à nouveau. Brûler des cierges à la flamme de son ardeur, et puis tout accueillir quand l’étincelle a pu jaillir. Avant d’être fleur, soleil au milieu d’un hiver, t’aura-t-il fallu être la graine d’un désir, bien nichée dans l’épais d’un cœur. Le cœur de ton père.

Il est un mystère qui relie les pères à leurs filles, et les mystères sont des grands récitals de piano : depuis les touches d’un clavier blanc et noir s’envolent des arcs-en-ciel de notes. Nul ne sait d’où proviennent les couleurs, d’où surgit la mélodie : c’est là, secret des accords d’âmes blotties. Comme la danse d’un feu qui brûle de rêves les lèvres du père et brille d’éclats dans le sourire de sa fille. Être père, c’est rêver à grand et accueillir l’immense dans le petit. L’immensité de qui tu es dans les petits pas de ton chemin. Et être fier.

Il faut être Toucan, aussi, un brin Toucan, pour être ton père : tout cantique à remercier la vie pour qui tu es, tout candélabre à brûler d’envies à ce que tu seras. Il est des secrets de Toucan, que nulle autre espèce ne partage. Ainsi peut s’envoler le Toucan, peut-il quitter le nid à sa majorité, car ces secrets jamais ne s’oublient. Et le cœur de ton père est rempli de ces secrets. Ce sont des murmures d’amour, qui parleront toujours même dans les silences. Alors, vole, jeune femme Toucan, n’aie crainte de voler : à chaque battement de tes ailes, s’élargira le cœur de ton père, jusqu’à ne faire qu’un avec l’univers.

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