Gwendal et Colombe : coeur de fleur

Sur mon chemin de vie, j’ai rencontré une fleur, et il m’a été donné d’humer un parfum d’âme que je ne connaissais point encore, et dont les saveurs exquises embaumaient tout alentour. Un parfum aux fragrances tout à la fois affirmées et délicates, alliant savamment trait de finesse et détermination de caractère…

Comment vous décrire cette fleur… ? La tige est solide. Physiquement solide. Et feuillue, quoi que dans cette espèce on puisse en trouver de plus grandes encore et des plus charnues aussi. Mais la tige est saine : fibres resserrées, presque noueuses, qui forment gaine et offrent au pistil en surplomb un ambon sans embonpoint, une tribune de tribun, une chaire de bonne chair. De bonne santé, cette tige ! Point de cicatrice –du moins visibles-, étoffe d’une seule pièce et sans rafistolage, sainement alimentée par un drastique régime exclusivement végétal, certifié biologique et à l’abri de tout excès !

Mais qu’est-ce qu’une tige pour cette fleur ? Rien qui ne vaille de s’y attarder vraiment ! La tige n’est pas là pour elle-même, se dit cette fleur. Elle n’a qu’une fonction, et ne sera cultivée que pour cette vocation : hisser haut et droit le parfum du pur, et tenir bon quand tous les pétales de la corolle s’ouvriront au Grand Soleil, son Amoureux intérieur. Pétales gorgés de talents. Gorgés d’humanité. De partages, aussi. De rêves et d’élans pour apporter sa part au monde. Pétales réceptacles des vies amies -ou simplement croisées. Pétales qui sont l’oreille de peines, secrets et chagrins alentours et ôtent à toute âme qui s’y confie le poids d’une vie en chemin vers le Léger.

colombe

Mais qu’est-ce qu’une corolle de pétales, pour cette fleur, fussent-ils gorgés de tant de qualités ? Les pétales ne sont pas là pour eux-mêmes, se dit cette fleur. Ils n’ont qu’une fonction, et ne seront cultivés que pour cette vocation : offrir un écrin de couleur et de formes, être robe saillante et vaillante pour n’habiller que l’unique essentiel de qui je suis : mon cœur ! Mon âme est le reflet du Soleil : de même texture, de même essence, il en annonce la Lumière. Et voilà que plus je suis exposé au Soleil et à ses bienfaits, plus mes pétales s’ouvrent comme bras de compassions sur le monde, et que rougeoient alors mon cœur et mon âme : vulnérables et offerts. Beaux et sobres à la fois.

La fleur Gwendal aurait pu croire que son voyage et son histoire avec le Soleil s’arrêtait là. Il aurait pu croire que le cœur de son pistil était l’unique vocation de sa vie, la tige et les pétales ses serviteurs bien ordonnés. Mais voilà qu’un vol de Colombe traversa son ciel, et que dans l’ombre de son passage, ses étamines se mirent à frémir. Des étamines chargées d’un pollen si rare et plein, qu’il fallait bien un séisme ou un amour pour que la fleur trouve le chemin de sa fécondité.

Un séisme ou un amour… C’est du même.

Sur mon chemin de vie, donc, il m’a été donné de rencontrer un cœur de fleur, et d’humer un parfum d’âme aux saveurs exquises. J’ai pris soin d’en ramener bouture au potager de mes amitiés et ma joie est d’en contempler, encore ce jour, son éclosion sous le Grand Soleil de l’Amour.

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  1. Emmanuelle Benzieng dit :

    Abondance d’Amour…à semer dans le potager de l’Amitié ! Merci 🌼

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